Cinq suicides depuis janvier : les internes réclament des mesures en urgence pour améliorer leurs conditions de travail


L’Intersyndicat national des internes (ISNI) a transmis au nouveau président de la République un livre blanc comprenant 32 propositions visant à améliorer l’organisation du système de santé, la démographie médicale, ou la formation des médecins.

Dans ce document de dix pages rendu public à la veille du second tour de l’élection présidentielle, les internes accordent une place prépondérante à l’amélioration de leurs conditions de travail. « Une grande problématique a ressurgi : le suicide des internes, confie Olivier Le Pennetier, président de l’ISNI. Cinq internes se sont donné la mort depuis janvier 2017 dont deux ces deux dernières semaines. Nous devons trouver une solution. »

Même si les causes d’un suicide sont plurifactorielles, « les difficultés ne peuvent expliquer à elles seules le nombre toujours trop important d’internes qui se donnent la mort chaque année », affirme l’ISNI qui rappelle que les internes sont souvent confrontés aux cadences infernales, à la pression, au manque de suivi médical personnel.

Le syndicat exhorte à faire respecter la loi sur le repos de sécurité et le temps de travail hebdomadaire (48 heures par semaine). « L’application des dispositions réglementaires ne peut plus traîner, écrit l’ISNI. Le repos de sécurité après une garde a été rendu obligatoire il y a plus de 10 ans, aujourd’hui, il n’est toujours pas appliqué dans tous les services hospitaliers. » Les internes proposent aussi de rendre obligatoire la visite médicale auprès du médecin du travail pour tous les étudiants du 3e cycle afin que « les troubles psychosociaux soient dépistés et que les vaccinations des soignants soient mises à jour ». Par ailleurs, l’ISNI plaide pour la mise en place de groupes de parole réguliers dans les hôpitaux et demande que les internes soient informés des dispositifs d’accompagnement et de soutien mis en place en cas de souffrance psychique. « Les étudiants en médecine puis les internes sont soumis à une pression constante, explique l’ISNI. Il est important de leur rappeler qu’ils ont le droit de ne pas aller bien, qu’ils ont le droit de demander de l’aide. »

Source: www.lequotidiendumedecin.fr