Cuisiner nuit gravement à la santé


Angoisses, dépression, accidents du travail : le métier de cuistot est l’un des plus anxiogène qui soit. La journée a été dure. Il a d’abord fallu subir le réveille-matin histoire d’arriver à l’heure au taf. Ensuite, vous avez dû vous taper masse de documents à préparer avant le meeting de votre supérieur hiérarchique. Vous n’avez toujours pas vu la couleur du ciel aujourd’hui – si ce n’est lors du trajet du cinq minutes qui vous mène du bureau au Franprix où vous avez acheté un sandwich sous vide au pain humide que vous avez avalé en répondant à une pluie d’emails. Et puis, comme depuis le début de la semaine, vous êtes rentré trop tard chez vous pour mater Les Marseillais VS le reste du monde. Du coup, vous accusez la surcharge de travail et les colis suspects sur le RER.

Clairement, vous ne l’avez pas facile. Mais sur l’échelle de Richter du stress, vous n’arrivez pas à la cheville d’un cuisinier. Imaginez le commis qui fait des horaires de dingue, souvent en soirée. Qui doit bosser dans un petit espace confiné au milieu des couteaux, des plats chauds et qui est soumis au flot incessant des commandes braillées par les serveurs.

À la longue, ces conditions de travail usent ceux qui les subissent. Une nouvelle étude réalisée au Royaume-Uni par le syndicat Unite a interrogé 265 cuisiniers londoniens. Ses conclusions ? Elles ont été publiées la semaine dernière : le stress lié à ce boulot a des conséquences sur la santé mentale et physique des employés.

Selon le syndicat britannique, 44 % des cuisiniers travaillent entre 48 et 60 heures par semaine. 14 % bossent même plus de 60 heures par semaine. La moitié des employés de cuisine avouent être souvent obligés de rester, même après la fin de leur service officiel. Et quand on leur demande si leurs heures de travail ont influencé leur santé, 69 % répondent que c’est le cas.

En plus des conditions physiques difficiles des métiers de la cuisine, Unite a découvert que la santé mentale des chefs était également préoccupante. 51 % des interrogés souffrent de dépression tandis que 78 % sont tellement fatigués par leurs horaires qu’ils ont eu – ou failli avoir – un accident du travail. La majorité des cuisiniers admettent prendre des anti-douleurs (56 %), boire de l’alcool (27 %) et consommer d’autres stimulants (41 %) pendant leur service.

Unite n’est pas le premier syndicat à alerter, chiffres à l’appui, des risques du métier de chefs. D’autres études ont déjà démontré que les cuisiniers souffraient plus que d’autres professions de problèmes physiques et mentaux.

Source: newscdn.newsrep.net