Comment la violence s’installe au travail…


Cet article s’inscrit dans une optique préventive de la violence psychologique au travail. Notre but est de contribuer à une réflexion qui sensibilise au repérage de ses « formes premières », en apparence anodines et sans véritables conséquences. La violence, contrairement à l’agression, est un phénomène qui exige un temps plus ou moins long pour être reconnu (Pahlavan, 2002). Ses déclencheurs, tout comme ses indices, sont difficiles à saisir immédiatement tant pour ses victimes que pour ses témoins. D’ailleurs le temps nécessaire pour réaliser que ce que les premières subissaient ou ce à quoi les seconds assistaient, n’était pas normal, ne pouvait plus être banalisé, est couramment évoqué. Tous mentionnent l’impossibilité de dire précisément par qui, par quoi, ou comment tout cela s’était déclenché. Cet aspect insidieux de la violence n’est pas directement pris en compte dans ses définitions habituelles. Par exemple, il est très courant de dire que la violence au travail renvoie aux actions et comportements de collègues et/ou de supérieurs qui portent atteinte à la dignité et à l’intégrité psychologique et physique de l’individu. Parfois, on précise qu’elle peut se manifester de manière subtile (des regards hostiles, des conversations qui s’interrompent), mais aussi de manière plus évidente (des remarques négatives insolentes, une dépréciation publique) ; cependant on ne dit généralement rien sur la difficulté d’identification de ses « formes premières ».

Source: www.cairn.info